Au Burundi, de nombreux jeunes prennent progressivement conscience qu’ils peuvent devenir les premiers acteurs de leur propre développement. Grâce à l’accompagnement du Réseau des Associations de Jeunesse (REJA), plusieurs groupes de jeunes issus des différentes provinces du pays ont déjà bénéficié de crédits et d’un encadrement leur permettant de mettre en œuvre des projets générateurs de revenus.
Selon le coordinateur national de REJA, Sylvestre NSHIMIRIMANA, l’objectif principal de cette organisation est d’aider les jeunes à changer de mentalité afin qu’ils cessent de dépendre uniquement de l’État pour trouver du travail. REJA les encourage plutôt à développer des initiatives personnelles et collectives capables de créer des emplois et de contribuer à l’économie nationale.
Dans cette dynamique, les jeunes sont formés à l’entrepreneuriat, à l’épargne et à la gestion financière. Ils apprennent également à concevoir et rédiger des projets solides, capables d’attirer des financements. Une fois organisés en petits groupes d’épargne et de crédit, ils mettent leurs ressources en commun afin de constituer un capital de départ pour leurs activités.
Les résultats obtenus témoignent de l’impact croissant de cette initiative. Au cours de la période allant du 1er avril 2025 au 31 mars 2026, 37 projets ont bénéficié d’un financement, tandis que 123 ont été autofinancés par les jeunes eux-mêmes grâce à la culture de l’épargne et aux mécanismes de solidarité mis en place au sein des groupes accompagnés par REJA.
REJA accompagne aussi les jeunes dans la recherche de financements auprès des institutions financières proposant des taux d’intérêt accessibles. C’est dans ce cadre qu’a été créée, en 2022, la microfinance « Le PIVOT », qui a déjà permis à plusieurs jeunes entrepreneurs de concrétiser leurs projets dans différents secteurs.
L’organisation ne se limite pas au financement. Elle assure également un suivi permanent des projets afin de garantir leur réussite. Les bénéficiaires reçoivent des conseils sur la bonne gestion des crédits, le travail en équipe et le développement de projets innovants pouvant répondre aux besoins des marchés.
Les secteurs les plus encouragés sont notamment l’agriculture, l’élevage et d’autres activités économiques porteuses. REJA aide aussi les jeunes à effectuer des recherches et à identifier les opportunités les plus rentables afin d’améliorer leur production et leurs revenus.
Au plan social, les groupements de solidarité (GS) jouent également un rôle important, non seulement comme leviers économiques, mais aussi comme espaces de cohésion sociale et de prévention des conflits. Grâce à leur fonctionnement inclusif et participatif, ils favorisent le dialogue, la médiation et la résolution pacifique des différends. Ces groupements contribuent ainsi à renforcer la confiance entre les membres et à promouvoir une cohabitation harmonieuse au sein des communautés.
Pour Sylvestre NSHIMIRIMANA, la réussite des jeunes passes avant tout par l’unité et la solidarité. Il invite ainsi la jeunesse burundaise à rejoindre des coopératives ou des associations, convaincu que le travail collectif constitue une voie sûre vers un développement durable.
À travers ces initiatives, REJA contribue non seulement à l’autonomisation des jeunes, mais également au développement du pays grâce à la création d’emplois, à l’entrepreneuriat et à l’augmentation des recettes fiscales issues des activités économiques des jeunes entrepreneurs.